Qu'est-ce qu'un milieu ouvert ?

Créer des espaces de biodiversité sous les lignes

Pour comprendre

Les lignes électriques à haute et très haute tension sont parfois jugées sévèrement, en raison de leurs impacts sur l’environnement. Or les espaces situés sous les emprises des lignes électriques constituent des zones de refuge et de reproduction pour la faune et la flore bien souvent malmenées par l’activité humaine, l’urbanisation et l’évolution des milieux agricoles. Découvrez pourquoi ces milieux ouverts regorgent de richesse.

Biotopes et corridors de biodiversité : définition

Pour préserver la richesse de la biodiversité, deux ingrédients sont nécessaires. D’une part, des zones d’hospitalité – les biotopes – où les espèces se réfugient, s’alimentent et se reproduisent ; et, d’autre part, des zones de déplacement et de passage entre ces zones : les corridors de biodiversité.

Qu’est-ce qu’un biotope ? C’est une aire géographique bien délimitée, dont les conditions particulières (géologiques, hydrologiques, climatiques, sonores…) sont nécessaires à l’alimentation, à la reproduction et au repos de certaines espèces. Ces biotopes peuvent être des mares, des marécages, des marais, des haies, des bosquets, des landes, des dunes, des prairies ou toutes autres formations naturelles, «peu exploitées par l’homme». Mais il peut arriver que le biotope d’une espèce soit constitué par des lieux artificiels comme les combles d’une église, une carrière ou des milieux reconstitués sous une ligne électrique. Les milieux ouverts sont constitués de végétation basse, largement pénétrés par le soleil et favorables aux plantes rhéophiles. Une prairie, une pelouse calcaire ou un alpage sont des exemples de milieux ouverts. L’entretien régulier de l’emprise de lignes électriques maintient ainsi les milieux ouverts.

Qu’est-ce qu’un corridor de biodiversité ? C’est un lieu de passage, terrestre ou aquatique, entre deux zones de biodiversité. Ces corridors, exempts de tous dérangements et de pollutions nuisibles, permettent le déplacement des espèces. Les emprises de lignes électriques peuvent constituer de tels milieux, à la manière d’une haie vive agricole, d'un fossé ou d’un cours d’eau.

Des milieux écologiques pérennes reconstitués sous les lignes

Le fait d’opérer des tranchées dans les forêts pour y installer les lignes électriques, permet aux végétaux, de redécouvrir la lumière, de s’y redévelopper et d’évoluer sans être perturbés par l’homme, et d’attirer naturellement des espèces animales qui y trouvent de quoi se nourrir.

Ainsi, ces espaces ouverts situés sous les lignes à haute tension, constituent à la fois des corridors écologiques de substitution et des zones de refuges (sèches ou humides) pour des espèces ayant perdu leur biotope d’origine. Pour maintenir une distance minimale de sécurité entre les câbles électriques et la végétation sous-jacente, RTE réalise des travaux d’entretien de la végétation. Ainsi, en étant entretenus, ces espaces qui naturellement auraient tendance à se «refermer», deviennent de véritables sanctuaires de la biodiversité inféodée aux milieux ouverts et des zones dans lesquelles des espèces disparues se réinstallent durablement.

Selon les spécialistes, ces milieux ouverts accueillent d’ores et déjà beaucoup d’espèces animales et végétales. Un inventaire, réalisé par le Muséum national d’histoire naturelle sous plus de 300 km de lignes en Île-de-France, a permis d’observer la richesse botanique et notamment l’existence d’espèces floristiques rares. Selon une charte signée mi-2008, toutes les données botaniques de l’inventaire sont la copropriété de la région Ile-de-France, de RTE, du MNHN et du Conservatoire botanique. Point de repère pour l’évaluation de la gestion de la biodiversité sous les lignes, cette approche novatrice enrichit la réflexion sur la faune et la flore, en vue de mieux les préserver.

En Île-de-France, par exemple, vivent déjà le crapaud commun, la rainette verte, le triton marbré… Et parmi les plantes, sont présents l’Ophrys bourdon ou le Polygala chevelu.

 

 

 

 

 

Dans le Parc naturel régional d’Armorique (Finistère), un verger composé de pommiers et de poiriers sauvages a été créé. Ces arbres ont l’avantage de ne pas atteindre des tailles très élevées et sont donc compatibles avec les distances de sécurité à respecter. Leurs fleurs attirent les insectes butineurs et leurs fruits sont intéressants pour les oiseaux et le gibier.

Ce projet environnemental redonne leur chance à des espèces, dont on souhaite encourager le développement et conserver le patrimoine génétique. Ce projet est l’un des 7 sites retenus en France dans le cadre du programme Life Biodiversité soutenu par la Commission Européenne. Dans le cadre de ce programme européen, ces techniques de gestion des emprises de lignes ont été développées, dans le Doubs, en autres, avec la création de pâturages ou dans les Ardennes avec la restauration d’une tourbière.

De nombreuses autres expériences sont menées en association avec nos partenaires : conservatoires d’espaces naturels, parcs naturels régionaux, fédérations des chasseurs, acteurs du monde rural, associations de protection de la nature et scientifiques. RTE coopère aussi avec France Nature Environnement pour intégrer la question de la biodiversité très en amont de ses projets électriques.

Découvrez en images de nombreuses initiatives menées en partenariat avec RTE

Les points essentiels

  1. 1

    Préserver une espèce patrimoniale et la continuité de son habitat

  2. 2

    Ouvrir le dialogue avec les parties prenantes des territoires

  3. 3

    Saisir l’opportunité des travaux effectués pour la création des lignes

  4. 4

    Faire appel aux compétences d’organismes spécialistes de la gestion de l’environnement

Vidéo

Favoriser la biodiversité sous les lignes électriques

Souvent perturbées par l'évolution de nos modes de vie, de nombreuses espèces végétales et animales trouvent refuge sous les lignes électriques. Comment les préserver et favoriser leur développement ? La réponse en une minute chrono !

Points clés

  • 275 espèces végétales

    existant aujourd’hui en Île-de-France ont été recensées sous les lignes électriques en 2009 par le Muséum national d’histoire naturelle.

Mettre en œuvre un milieu

L’aménagement des milieux ouverts se fait généralement avec un plan de gestion partagé qui prend en compte à la fois les contraintes de RTE (sécurité, coût) et les exigences environnementales.

 

Découvrez nos autres sites

Info Travaux

Les Smartgrids

Répondre aux enjeux de demain